Dr Christophe JAILLANT

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ARTHROSE DE L’ARTICULATION INTERPHALANGIENNE PROXIMALE DES DOIGTS

L’arthrose correspond à une usure du cartilage. Le cartilage est le tissu qui recouvre les extrémités des os. Deux os recouverts de cartilage s’articulant ensemble forment une articulation. Au niveau des doigts les surfaces articulaires sont parfaitement congruentes et glissent l’une sur l’autre permettant le mouvement.

L’arthrose peut être secondaire au vieillissement naturel du cartilage (arthrose dégénérative), secondaire à un traumatisme articulaire (arthrose post-traumatique), ou alors secondaire à une inflammation locale (arthrite), elle-même liée à une infection (arthrite septique) ou à une maladie inflammatoire (arthrite inflammatoire comme dans la polyarthrite rhumatoïde).

L’arthrose de l’articulation inter-phalangienne proximale touche l’articulation située entre la première et la deuxième phalange.

SYMPTOMES ET EXAMEN CLINIQUE

Le patient consulte pour un ou plusieurs symptômes parmi :

  • La douleur : évoluant par poussées de 3 semaines environ.

  • Le gonflement du bout du doigt lors des poussées douloureuses.

  • La déformation de l’articulation inter phalangienne proximale avec parfois désaxation du doigt. On retrouve fréquemment des nodules sur le dos du doigt appelés nodules de Bouchard. On retrouve les mêmes nodules sur le dos de l’articulation inter-phalangienne distale en cas d’arthrose mais ils sont appelés nodules d’Heberden.

  • Une raideur articulaire lors de la flexion du doigt souvent handicapante.

Plusieurs doigts d’une même main sont fréquemment touchés, souvent les deux mains sont atteintes. Parfois l’arthrose est globale et touche toutes les articulations des doigts.

Arthrose et nodules de Bouchard Raideur caractéristique d'une arthrose

Plusieurs doigts d’une même main sont fréquemment touchés, souvent les deux mains sont atteintes. Parfois l’arthrose est globale et touche toutes les articulations des doigts.

EXAMENS COMPLÉMENTAIRES

La radiographie standard du doigt montre l’importance de l’arthrose, de la destruction cartilagineuse, de la déformation osseuse et du capital osseux restant.

Destruction cartilagineuse visible sur une radiographie : 

TRAITEMENT

Le traitement commence avant tout par un traitement médical. On associera des antalgiques et des anti-inflammatoires en cas de non contre-indication. On peut également envisager le port d’une petite attelle. Cette attelle permet de diminuer les douleurs mais ne peut pas prévenir de la déformation du doigt.

En cas d’inefficacité du traitement précédent, il faut envisager un traitement chirurgical.

Plusieurs interventions sont possibles en fonction de la gêne.

LA PROTHÈSE ARTICULAIRE

De 2 types, en silicone ou de resurfaçage, elle permet une nette amélioration des douleurs et de redonner une mobilité articulaire jusqu’à 70° de flexion. Elle est donc réservée à des patients douloureux et /ou ayant une raideur articulaire marquée. Toutefois, même si leur durée de vie est assez longue, ces prothèses sont

assez fragiles. Elles seront donc implantées plutôt chez le sujet âgé et avec prudence chez le sujet jeune.

 

L’ARTHRODÈSE INTERPHALANGIENNE PROXIMALE

Elle consiste en la fusion de l’articulation interphalangienne proximale. Elle est efficace sur les douleurs mais limite définitivement la mobilité articulaire. La fusion se fait respectivement de 25° à 40° de flexion de l’index à l’auriculaire permettant une meilleure prise de force. Cette intervention est plutôt réservée aux patients manuels utilisant des prises de force.

LA DÉNERVATION

C’est une intervention qui consiste à couper les nerfs qui conduisent la douleur au niveau de l’articulation. Elle permet de conserver la mobilité de l’articulation mais les résultats sont temporaires et inconstants. Elle est à réserver à des cas bien particuliers.

Toutes ces interventions se déroulent en ambulatoire (le patient ne dort pas à l’hôpital), sous anesthésie locale oulocorégionale (l’anesthésie générale est pratiquée uniquement en cas de contre-indication à l’anesthésie locale ou si le patient le souhaite).

SUITES POST-OPERATOIRES

En cas d’arthrodèse, le doigt reste immobilisé dans une petite attelle de doigt pendant 2 mois puis sera envisagé l’ablation des broches.

En cas de prothèse, le patient sort de la clinique avec un pansement à changer tous les 2 jours jusqu’à cicatrisation complète, environ 2 à 3 semaines. Le patient mobilise les doigts immédiatement après l’intervention pendant 3 semaines puis avec l’aide d’un kinésithérapeute. Quelques douleurs peuvent persister pendant le mois qui suit l’intervention.

COMPLICATIONS

Les complications sont rares. Il s’agit essentiellement d’infection, parfois d’algodystrophie. En cas de prothèse, il peut s’agir de rupture d’implant en silicone, de fracture de la phalange au niveau de la queue de prothèse.